Ce matin d’octobre ne s’annonçait pourtant pas différent de ceux qui venaient de s’égrener. Tout semblait à sa place autour de moi, tout paraissait continuer à trouver sa place dans ce monde. Un simple coup de téléphone, au timbre similaire aux autres jours, vint arrêter le temps. Le ton dans la voix de mon père cachait la douleur sourde de ceux à qui échoit la responsabilité d’annoncer un drame aux autres. Il me fallut lui arracher les mots de la bouche pour comprendre que ce matin tout n’avait finalement pas retrouvé sa place dans le monde.

Elle était dans le cercle intime de ma sœur, sa meilleure amie. Des projets avaient été planifiés avec elle la veille pour le lendemain. Et pourtant, elle s’est donné la mort dans cet interstice. Elle ne semble pas avoir su lâcher ses émotions au moment où celles-ci la visitèrent encore une fois. Le suicide fut son ultime recours face à l’image en miettes d’elle-même. Nous savions qu’elle percevait le réel comme un reflet brisé. Le passage à l’acte suicidaire, personne ne l’a vu venir. Combien de temps s’est-il passé pour elle au bout de sa corde ? Trente, quarante minutes ? Nous ne le savons pas. Ils ont relancé le cœur… quel cœur ? Seulement ce cœur physique abandonné par la vibration d’un être soumis à la litanie des épreuves de la vie.

1. Prendre le masque pour le pilier

Je ne la connaissais pas dans son intimité. Derrière ses airs enjoués, elle se laissait aller à des récits pittoresques de ses déboires répétitifs. Elle cachait la lucidité froide de ceux qui se sont roulés dans les épines de l’existence depuis l’enfance. Ses peines et ses vagues de chagrins successifs ont fini par la recouvrir d’une écume d’amertume. La façade qu’elle donnait aux autres, témoignait de hauts et de bas. Personne ne voyait que l’écume s’était infiltrée insidieusement dans ses fêlures jusqu’à ronger totalement son édifice intérieur. Son masque recouvrait un désespoir plus sombre que celui que nous pouvions imaginer.

Le masque de la personnalité cachant son désir de mourirLe masque est le pire des tricheurs. Qu’il soit enjôleur, sarcastique ou discret, il amène trop souvent à berner les autres, nous bernant soi-même. Il fait partie de l’attirail de la personnalité, ce costume dont nous nous parons pour mieux cacher les haillons de notre intérieur. Elle n’avait plus de pilier intérieur sur lequel assoir son incarnation dans le monde terrestre.

Tellement de personnes se mentent à elles-mêmes, fuient leurs défauts, rejettent la faute sur autrui, refusent de se regarder, qu’il devient banal de s’en accommoder. Et après tout, les textes sur la sagesse véritable nous enseignent infatigablement que c’est notre égo qui veut sans cesse sauver l’autre.

Le changement et la guérison de ses blessures émotionnelles ne peuvent venir que de soi. La théorie est bien belle mais la réalité est beaucoup plus radicale et crue. Elle était là parmi nous et là, elle a fait le choix de ne plus y être… Rien ne peut nous y préparer surtout lorsque le masque nous a bernés au plus haut point.

2. Refuser le choix du suicide

Personne d’autre que soi ne peut mieux se connaître. Toute l’écoute et tout le soutien que l’on peut apporter, resteront toujours conditionnés à la volonté et aux possibilités de la personne. Une fois l’annonce du suicide encaissée, les questions jaillissent en soi. J’aurais sûrement pu en faire davantage ! Qu’est-ce que je n’ai pas vu et qui aurait dû me sauter aux yeux ? Pourquoi ne s’est-elle pas tournée vers quelqu’un ? Pourquoi ce coup de folie ?

Le flot de questions n’est que le mascaret d’une culpabilité nous frappant de plein fouet.

Finalement, c’est moins la personne venant de se donner la mort que soi-même qui se retrouve au cœur de l’agitation du mental. Celle qui a commis l’acte suicidaire s’est peut-être emmurée dans ses interdits, mais les proches s’emmurent assurément dans leur incompréhension et leur tristesse.

La colère surgit immanquablement, autant envers soi qu’envers celle qui a commis l’irréparable.

Ce refus conscient et inconscient du suicide crée des chaînes énergétiques invisibles entre le monde terrestre et le monde astral. L’ignorance des choses du monde invisible nous fait commettre l’erreur de retenir la conscience du défunt. Celle-ci doit se dépouiller de sa charge karmique afin de s’élever vers les plans de lumière.

Si cette charge est trop lourde, la conscience du défunt peut errer dans l’astral terrestre. Dans le cas d’une mort par suicide, la violence de l’acte ouvre une période purgatoire plus ou moins longue. Le suicide induit une fragmentation de par la cristallisation de la souffrance physique et émotionnelle de l’acte. La personne devra en quelque sorte récupérer un morceau d’elle-même coincé sur le lieu du drame. Afin de rejoindre pleinement son âme, l’être doit réaliser un bilan de vie pour accepter et comprendre ses erreurs, dissoudre sa personnalité terrestre et accepter en elle tous ses fragments.

La personne peut être dans l’incompréhension de son propre décès ou simplement être retenue par la peine de ses proches. Pleurer éperdument un disparu peut littéralement projeter sur lui dans l’astral quatre murs gris, sans porte ni fenêtre. L’être se retrouve prisonnier et dans une grande souffrance.

Mais remettre en activité votre corps physique tout en étant en mort cérébrale, cela est terrible et s’ajoute à l’épreuve du suicide. Ils se sont succédé à son chevet, des jours durant, dans l’attente fébrile d’une sortie du coma. Ils lui ont offert leur souffrance alors même qu’elle était en souffrance terrible.

Aurais-je dû le faire ou ne pas le faire…

Je me suis retiré en moi afin de me projeter dans sa chambre d’hôpital. Elle était sûrement emplie d’un silence lugubre malgré les nombreux proches qui allaient et venaient. Il en était tout autrement dans les plans de l’invisible. Ce fut comme une bourrasque, un cri de désespoir mêlé de rancœur. Elle hurlait… Elle hurlait… Un cri qui s’écoulait comme une eau tumultueuse… Un cri qui vous met à nu, qui vous renvoie à la petitesse de votre chagrin… C’est elle qui était réellement en souffrance. Notre souffrance à nous n’était qu’un sous-produit de notre égo qui se place en victime collatérale du geste posé.

Elle voulait s’arracher de ce corps qui la lestait indûment. Elle redoublait de fureur lorsque sa mère rentrait dans la chambre. Elle lui criait tous les non-dits qui l’avaient étouffée. Si ses décharges émotionnelles m’ont rejeté rapidement vers mon corps, son cri a continué à me glacer le sang des jours durant…

3. Ne pas laisser le défunt comprendre

Ma connexion avec elle était comme un fil ténu dont les secousses me rappelaient sans cesse sa terrible situation entre deux mondes.

Ce fil cessa de s’agiter un matin.

Ma sœur m’avait écrit dans la nuit pour me laisser savoir que la famille avait accepté de la débrancher.

Replongeant en moi, ce fil, cette ligne de vie, me servit de corde de traction dimensionnelle afin de l’atteindre de nouveau.

Elle s’était extirpée des limbes où elle errait. Elle n’étouffait plus dans sa prison de chair. Sa vibration était méconnaissable. Sa personnalité commençait à se détacher d’elle. Son égo se dissolvait doucement. Elle revoyait sa vie sous un jour qu’elle n’avait jamais réussi à entrevoir pendant son existence terrestre. Elle commençait à comprendre ses erreurs. Elle n’avait plus de colère ou de rancœur. Le pardon s’enclenchait. Elle me disait se souvenir du lien karmique avec ma sœur et mon beau-frère. Tout lui paraissait limpide et logique. Elle regardait sous un jour nouveau son suicide. Le processus s’annonçait long mais elle était assurément accompagnée. Je ressentais des présences bienveillantes autour d’elle.

Notre âme reste toujours dans les plans de lumière. Nous sommes une partie de Nous-mêmes, issus de nos âmes respectives, descendue s’incarner dans la matière. C’est pour cela qu’on oublie nos vies passées et notre choix de chemin de vie. Nos mémoires sont gardées par l’âme dont on se détache provisoirement. Nous ne sommes jamais intrinsèquement séparés de notre âme. Nous en sommes un aspect dit multidimensionnel. Notre conscience est dans la dimension physique du monde terrestre et dans chaque plan intermédiaire (au travers de nos corps énergétiques de notre aura). Notre âme est dans une dimension plus haute vibratoirement.

La partie qui descend, qu’on appelle aussi étincelle de vie, s’habille provisoirement d’un mental et d’un égo, formant ainsi notre conscience incarnée. Notre égo et notre mental engendrent des émotions et forgent notre personnalité. Ils ne sont pas NOUS, mais une fraction seulement qui se dissout à la mort. C’est pour cela qu’après la mort, l’être qui retrouve son âme regarde sa vie avec objectivité et non plus subjectivité (car l’égo et le mental se sont désagrégés). Une personne difficile d’approche dans la vie de tous les jours, peut devenir un ange de lumière sage et aidant, en attendant sa réincarnation. La personnalité n’est plus, il reste l’être de lumière serein, qui est la véritable nature de chacun.

Mes propres guides spirituels me rappelèrent de ne pas pleurer la situation au-delà de la période normale de deuil. Nous pouvons parler au défunt à voix haute dans notre intimité en lui disant tout ce que nous désirons lui dire. Ce ne doit pas être des reproches mais des vérités du cœur pour pacifier. Il ne faut pas accabler celui ou celle qui nous a quitté par des « pourquoi as-tu fait ça ! », « tu nous abandonnes » etc… Le défunt a besoin d’énergie et de pensées positives… Ce n’est pas le lieu astral où cette conscience se retrouve qui est souffrant, même s’il n’est pas réjouissant. C’est la non acceptation de la situation, l’incompréhension et l’état de choc qui se prolongent bien au-delà de l’acte en lui-même. Seuls de l’amour, de la tendresse et de la patience peuvent réellement aider la personne suicidée. Avec cette vibration, la personne fera la préparation nécessaire suite à son suicide. La personne décédée doit opérer le changement par elle-même. Ses guides vont l’appuyer sans pour autant lui donner les réponses. Ces dernières devront émerger d’elles-mêmes dans la conscience de la personne.

4. Ignorer la nécessaire dissolution du corps émotionnel

De nombreux rites anciens d’avant la chrétienté, faisaient une grande place à l’incinération du corps. Dans la Grèce antique, la mort était perçue comme une délivrance. Faciliter ce passage revêtait une grande importance lors des rituels funéraires. Outre les consécrations et les oraisons funèbres, la crémation du corps était au cœur de la purification du défunt. La conscience du mort ne devait pas rester errer au bord du fleuve Érèbe, situé entre le monde des vivants et les Enfers. Ces Enfers n’avaient pas la même connotation que l’enfer du christianisme.

Dans l’histoire des civilisations humaines, la crémation a toujours côtoyé les pratiques de l’embaumement, de l’inhumation, de l’immersion en mer ou de l’offrande du cadavre. Les Zoroastriens de la Perse antique laissaient les corps au sommet de certaines tours afin que la chair soit mangée par les vautours. Pour eux, les vautours dépouillaient l’être des lourdeurs et le nettoyaient des émotions lourdes.

Autour de notre corps physique, nous avons un champ aurique. Certaines personnes sont capables de le voir. Selon les couleurs perçues et les pics, tâches ou trous, il est possible de lire l’état émotionnel d’une personne. Ce champ aurique dans les traditions anciennes était très étudié. On identifiait au moins sept corps éthérés distincts. L’un d’entre eux est nommé le corps éthérique, le plus proche du corps physique. C’est celui qui doit se dissoudre les deux à trois jours suivant la mort pour que la conscience puisse quitter son enveloppe charnelle. Il est alors conseillé de laisser le corps au repos pendant cette période.

Ensuite, il y a le corps émotionnel, véritable carrefour entre l’ensemble corps physique et corps éthérique avec l’ensemble corps mental et corps spirituel. C’est ce corps énergétique qui porte les souffrances de l’expérience terrestre. Il enregistre nos peines et appelle sans cesse à la guérison. Le corps émotionnel est aussi appelé le corps astral, corps de désir ou corps affectif. Il renferme toutes les créations de notre personnalité lors de notre période de vie incarnée. Il cristallise les égrégores de nos émotions et de nos sentiments. Une personne suicidée y a accumulé beaucoup de souffrances et de noirceurs.

Les Zoroastriens, en laissant les vautours manger le corps humain, voulaient que ce corps émotionnel soit aussi mangé pour être transmuté par ces oiseaux sacrés. La conscience pouvait s’élever avec plus de légèreté vers le divin.

Dans le mithraïsme, l’un des courants religieux dans l’empire romain avant l’arrivée du christianisme, le corps physique était perçu comme le tombeau de l’âme. Alors les riches Romains faisaient brûler le corps de leurs défunts pour que le feu consume ce corps émotionnel et libère la conscience de la personne de la prison du corps physique.

C’est véritablement le catholicisme qui a institué l’enterrement des morts. Auparavant, même chez les celtes, on brûlait les corps. Seuls les plus pauvres étaient jetés dans des fosses communes. Les celtes brûlaient habituellement le corps sur un bûcher préparé avec soin. Les cendres et les ossements étaient récupérés pour être placés dans des urnes en terre cuite. Ces dernières étaient, par la suite, inhumées dans des puits funéraires.

En réapprenant humblement les savoirs anciens, la crémation serait davantage réintroduite dans nos rituels funéraires. Et plus particulièrement pour les personnes en grande souffrance dans leur vie terrestre, la crémation soulagerait la charge karmique du suicide.

5. Oublier d’offrir de la Lumière à la personne suicidée

Les idées noires conduisent à la dépression. La dépression peut induire l’envie de se suicider. La volonté de mourir née d’un grand nombre de situations que l’être ne se sent plus apte à gérer. Ce souhait de mourir, de se tuer, n’a pas à être jugé car il appartient à chacun.

L’astral est la première dimension non physique que l’on rencontre à notre décès. C’est un monde émotionnel. Une émotion dans notre monde physique se traduit par une création dans l’astral.

La matière astrale est très malléable et traduit instantanément nos émotions et nos pensées.

En amont du suicide, la personne glisse lentement et inexorablement vers une obscurité intérieure. Une blessure d’âme infectée peut conduire à l’autodestruction. Le passage de la vie à la mort est aussi la rencontre avec nos propres créations attachées à nos corps énergétiques. La personne suicidée se retrouve plongée dans un lieu très sombre.

J’ai demandé à mes guides que faire dans ces circonstances. Ils m’invitèrent à faire allumer une bougie, par exemple une autre chez ma sœur et une sur le lieu du suicide car cette lumière sera perçue.

Le feu transcende les dimensions.

Mettre autour de ce feu des objets et des photos, reflétant bonheur et joie, est très aidant. Ce n’est pas un autel de tristesse (comme on voit parfois les gens venir pleurer sur le lieu d’un drame pour rendre hommage à une victime). Ce genre d’autel sert uniquement celui qui pleure qui a besoin que son égo fasse entendre sa souffrance. La victime, elle, prend de plein fouet cette tristesse dont elle n’a vraiment pas besoin. Ce qu’il faut, c’est un autel pour la personne au-delà pour l’aider à s’élever vers la Lumière. Elle a besoin de joie et d’amour, tel est la juste contribution d’un passeur d’âmes.

6. S’accrocher à la communication avec les morts

À la mort physique de notre enveloppe charnelle, nos corps énergétiques doivent se détacher du corps physique. Ces corps vibratoires vont se transformer et se réajuster. Ceux au plus proche du corps physique appartiennent au plan astral de la Terre. Ils y resterons afin que la matière astrale dont ils sont composés, se dissolve et se fonde dans l’astral. Le corps physique doit retourner à la terre d’où il a été pris car ce qui est poussière retournera à la poussière. Le corps éthérique et le corps astral doivent retourner à l’astral d’où ils sont issus. La conscience s’élèvera vers les plans de lumière avec les connaissances acquises, l’expérience de sa vie incarnée, ses réussites et ses échecs. Le savoir acquis enrichira l’âme. Les véhicules physiques et éthériques ne furent que des emprunts temporaires.

Il peut être déroutant de parler avec les défunts longtemps après leur décès. Ceux qui pratiquent la communication avec les morts témoignent que leurs interlocuteurs semblent s’être désintéressés des choses terrestres, qu’ils répondent de plus en plus difficilement aux questions, qu’ils errent en quête d’énergie. Cela résulte d’un fait simple. La conscience de la personne s’est élevée et il ne reste dans les plans de l’astral qu’un succédané de ce qu’elle a été dans sa dernière vie terrestre. C’est un fragment éthérique qui n’a pas été totalement dissout et qui erre de manière autonome dans l’astral terrestre. N’étant plus habité d’une réelle conscience, cet aspect partiel de la personne ne peut pas toujours comprendre ce qu’elle est ou ce qu’on lui demande.

C’est la séparation avec la personne décédée qui est difficile pour les proches, surtout lors d’une mort violente qu’est le suicide. Il faut cependant accepter que l’être cher à un voyage à entreprendre qui l’éloignera de plus en plus de notre plan d’existence. Ce chemin spirituel est unique à chacun selon son vécu, sa compréhension des réussites et des échecs de sa dernière vie. Une personne décédée peut aller très vite dans le processus de réincarnation.

Des situations paradoxales peuvent se présenter. L’être cher peut s’être défait très rapidement de la vie physique. Il peut déjà s’être glissé dans le corps d’un nourrisson pour une nouvelle incarnation, alors même que ses proches de sa vie précédente essaient encore de se relier à son ancienne enveloppe astrale. Celle-ci finira par se dissoudre et sera de moins en moins accessible. Parallèlement à ce processus, ce fragment économisera de plus en plus son énergie résiduelle afin de prolonger sa durée d’existence. Ce fragment est un reliquat de l’égo où est inscrit l’instinct de survie.

L’astral est aussi peuplé d’êtres astraux à part entière. Ils ont non pas un corps physique mais un corps astral. Côtoyant les créations des émotions humaines ainsi que les enveloppes énergétiques abandonnés par ceux-ci, ils peuvent se faire passer pour tel ou tel défunt. La duperie sera alors au rendez-vous.

Restons dans l’acceptation de ce qui est. Apprenons que la vie est un cycle infini non linéaire.

La voie du Cœur est le véritable axe de communication transdimensionnelle reliant toutes les âmes, par-delà les incarnations, par-delà les duperies.

 
à la mémoire d’Émilie
 

Crédits illustrations : Ivan Laliashvili et Tristan Berndt

 

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14 Réponses

  1. Mady

    Oui les masques mais on ne peut guère faire autrement. Si les soucis sont à répétition ou durent trop longtemps, les autres se lassent de nous, nous évitent alors que faire sinon faire comme si tout allait bien, en rire en public…
    Rassure-toi, je ne suis pas suicidaire à cause de mes convictions et de l’aide de… je vais dire l’invisible… mais je comprends parfaitement ce geste.

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    • Samuel

      Bonjour Mady,
      je ne porte pas non plus de jugement sur le choix de mettre un terme à sa vie. C’est une décision individuelle. Aussi dévastateur que cela puisse être pour ceux « qui restent », on doit l’accepter, même s’il faut passer par toutes les étapes du deuil.
      Je rebondis sur « nous évitent alors que faire sinon faire comme si tout allait bien ». En se positionnant sous cet angle des choses, cela ne revient-il pas à se mentir à soi-même ? On ment aux autres, on se force à ne pas être soi-même. Là est le début de la torsion intérieure. La guérison de l’âme passe par la reconnaissance de son mal-être. On a donc deux défis antagonistes qui nous affligent.
      1. On est encore attaché au besoin d’amour de l’autre, de la présence de l’autre, car on arrive pas à se brancher sur son intérieur, son âme, via la porte du Coeur.
      2. On ne peut se brancher sur la porte du Coeur tant que l’on ne guérit pas ses blessures, sources du mal-être quotidien.
      C’est un noeud gordien. On a besoin de l’aide d’autrui car on arrive pas à s’aider soi-même pour trouver le bout du tunnel. On ne peut trouver le bout du tunnel sans afficher au grand jour sa douleur, ce qui fait fuir autrui. Qui a envie de s’exposer à la dépression de l’autre alors que soi-même on est souvent un dépressif qui s’ignore ?
      On est donc face à un CHOIX. Être dans le non-choix va un temps mais cela ne mène nul part, si ce n’est la fuite perpétuelle, jusqu’au suicide ou le déclenchement de troubles de la santé.
      Il y a le CHOIX. Celui de se retourner vers soi et d’explorer ses blessures, les faire ressortir, ainsi que d’assumer les comportements que cela engendre (pleurs, mauvaise humeur, silence…) qui peuvent faire fuir l’autre. Laissons l’autre s’éloigner, respectons son choix, il ne doit pas interférer dans son processus de guérison. La solitude est un passage obligé, se retrouver soi demande parfois le désencombrement extérieur.

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  2. Cécile

    Merci Samuel pour la générosité de ton accueil de mes contributions lorsqu’elles s’élaborent en moi… suite à la lecture de tes écrits. En plus, le travail d’équipe est de qu’il y a de plus riche je trouve.

    Merci beaucoup M. Christian pour vos vœux, dont on pourrait dire que tout le monde en a bien besoin en fait ! Si mon mental travaille c’est bien en deuxième position, c’est bien après avoir expérimenté, ressenti, perçu, vécu, traversé l’expérimentation. Traverser permet de transformer. Et le mental alors peut en recueillir le miel. 😊

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  3. Christian

    Bonjour M.Samuel.

    Bravo encore pour l’audace de cette vibrante lecture.

    Message pour Cécile.
    Quel cri du cœur.
    Depuis ma première lecture sur vos griffes, je ressens cette forte sensibilité accompagnée du mental comme son guide.
    Vous êtes d’une profondeur….
    Présentement, mon plus grand vœux serait que vous vous aimiez comme jamais un etre ne pourra s’aimer.

    Bien à vous.

    Christian.

    Répondre
  4. Cécile

    Encore mille mercis Samuel pour ce beau texte sensible… et sujet qui l’est tout autant… en tant que petite-fille d’un grand-père suicidé, et fille d’un père aux multiples tentatives, je peux témoigner des effets du suicide sur l’ensemble de la famille (des « survivants »), sur plusieurs générations, comment mon père et ma tante ont été coupés d’eux-mêmes par le suicide de leur père, comment le suicide est comme contagieux et fait advenir un possible impossible celui de rendre accessible de finir sa vie par soi-même avant la mort naturelle. Il reste comme un fantôme qui appelle au fond d’une crypte. C’est la coupure de l ‘âme et du corps qui rend possible le passage à l’acte suicidaire (sauf exception comme le départ volontaire par « sublimation de la matière » de maîtres tibétains en prison la veille de leur exécution, par exemple, ou l’euthanasie). C’est là où la lumière, l’amour, la douceur, le pardon sont des plus aidants effectivement. Tu le dis magnifiquement.
    Et j’ai moi-même fait une tentative quand j’avais 5-6 ans et c’est un sujet tabou et dénié que le suicide des enfants, on parlera alors d’ »accidents ».

    Cela met en lumière plusieurs thématiques à mon sens :

    – celle de la liberté absolue de l’âme de venir s’incarner et de rester ou se repartir, de choisir ses conditions d’incarnation au fond. Et c’est peut-être dans ce creuset que se situent les fausses-couches et tous les « accidents ».

    – Cela pointe aussi le fait que la mort reste un événement éminemment personnel qui se vit seul avec soi-même, de fait, qu’il y a une notion de choix personnel qui ne regarde que son âme (et soi), de cheminement personnel. Et que cela a besoin d’être respecté.
    Mais qu’on a une habitude culturelle de déni de la mort en tant que transition.
    Et l’entourage peut tout à fait retenir quelqu’un contre son gré que ce soit comme pour ton amie Emilie par une réanimation pour suicide, mais c’est le cas pour toutes les réanimations acharnées au fond, pour les réveils forcés de comas, et les branchements artificiels interminables. Elles ne servent qu’aux vivants et survivants à calmer leur sentiment d’impuissance face à la réalité, mais où est l’amour là-dedans? où est l’accompagnement de la personne en transition? Cette attitude en est dépourvue.
    Il y a rapt de la mort et des conditions de la mort.
    Une de mes collègues est décédée d’un cancer foudroyant en quelques semaines il y a quelques années et le « corps médical » -avec une « bonne intention » , de celles qui pavent les enfers- a décidé à sa place de la mettre sous morphine à haute dose les dernières semaines, considérant qu’elle était « condamnée » et qu’il fallait lui éviter de souffrir et partir en « dormant » . Elle est ainsi décédée sous morphine. Et son âme était dans un état de colère intense, car elle ne voulait pas de cette morphine (elle le disait entre deux doses), de ce « soin «  palliatif, elle voulait vivre sa mort en conscience, faire son bilan de vie, régler ses dernières affaires, faire ses adieux, et elle ne l’a pas pu, assommée par les doses successives et engloutie dans des états sans conscience et qui plombent dans un astral peu ragoûtant. C’est par hasard que je m’en suis rendu compte, qu’elle est entrée en contact avec moi bien après son enterrement, et qu’on a pu mettre tout cela au jour, régler les affaires qui devaient l’être et elle a pu partir apaisée continuer son chemin, dans la lumière (alors qu’elle avait été bloquée par les conditions de sa mort), et cela a réglé aussi des choses aussi pour ceux qui n’avaient pas pu lui dire au-revoir.
    C’était juste un témoignage sur le rapt de la mort par nos habitudes culturelles de déni.

    – Mais il y a un troisième point tabou, de déni, que ton sujet d’article sous-tend, c’est celui de l’inceste sous forme incesteuse (acte) ou incestuel (ambiance). Un livre très enrichissant et courageux en dénoue les fils de compréhension, « Inceste ou la réalité volée » de Carole Labédan.
    Et là on se rend compte que l’inceste -au-delà de l’atteinte physique – est une volonté consciente (perverse) de couper l’âme du corps, de faire ce que seule la mort peut naturellement faire, et par le déni qu’il comporte intrinsèquement, le déni du groupe familial, qui ne voit rien, n’entend rien, ne sait rien, mais surtout ne peut rien voir, rien entendre, rien savoir, car c’est trop, et surtout car c’est la norme (l’inceste est transgénérationnel, et toutes les générations sont concernées, blessées), ce déni par l’entourage, devient de fait complicité et accélère la fissuration intérieure de l’être incesté. Seule la façade reste, l’intérieur est dévasté, mais caché, et l’avenir est alors volé, la réalité est volée, et quelle est la possibilité de rédemption de résurrection dans ce massacre invisible de l’âme? (Il y en a pourtant heureusement, pourvu qu’on soit conscient de cette réalité de l’inceste et accompagné d’une manière ou d’une autre). Et l’inceste conduit donc au suicide (ou à la tentative), jusqu’à un taux proche de 100%. Cela représenterait en fait un gros gros pourcentage de suicides…

    – Enfin on ne peut plus dénier aujourd’hui le fait qu’il y ait une technologie de vagues d’ondes télépathiques de basses fréquences balancées sur la planète par vagues (pour susciter des émotions basses dont se nourrissent certains êtres) et dont certaines incitent au suicide (un peu comme dans le film ‘’L’Homme Araignée’ » de 1977 où les victimes suicidées avaient été hypnotisées et portaient un capteur qui recevait des commandements « irrésistibles »). Pour les personnes sensibles dans un état de fragilité vibratoire, c’est une incitation inconsciente au passage à l’acte. Dans ce cas, une sauvegarde possible est de maintenir un état vibratoire le plus élevé possible pour passer au-dessus de ces ondes de basse fréquence. Et de développer le discernement : quand j’ai le cafard qui s’installe, des idées noires persistantes, un dégoût, une amertume poisseuse, est-ce bien moi qui me sens triste? est-ce en adéquation avec ce que je suis en train de vivre? Est-ce que cela m’appartient? Souvent la réponse peut être non. Si c’est oui, alors on trouvera la cause et cela même apporte un dénouement, et soulage.

    – Et pour finir, peut-être que sur un autre plan, l’on choisit de s’incarner dans un environnement relationnel où le suicide sera prégnant pour aussi ressentir et mesurer et guérir l’effet (et arrêter la contagion) que l’on a provoqué sur les autres en se suicidant dans d’autres vies parallèles (quelle qu’en soit la cause)… de cela, j’en témoigne.
    Se bercer guérit.

    (Commentaire très long, pardon.)

    Répondre
    • Samuel

      Sans en porter le titre, tu es ma co-auteure^^
      Je vais prolonger ton commentaire. Mes guides m’ont poussé à retourner sur mon compte Instagram @leretourdesdragons et de me glisser dans certains groupes privés. Dans ma perception relative, Instagram n’était que le réseau social pour afficher une image artificielle de soi. Mais au-delà de ces comptes populaires, il y a d’innombrables comptes à lecture privée auxquels j’ai été accepté. La détresse des personnes y est poignante et les images vraiment crues, des adolescentes pratiquant l’auto-mutilation, aux récits de pensées macabres, en passant par les troubles de comportement mortifères. Instagram est dorénavant dans ma vision des choses la face réelle du monde, celle dans l’ombre du paraître, cette multitude oubliée et désemparée…

      Répondre
  5. Claire

    Bonjour Samuel,
    Merci d’aborder un sujet pour lequel on préfère souvent faire l’autruche. Ton texte réveille une de mes questions…
    Sous des formes différentes, le suicide est fortement inscrit dans mon karma familial (père, arrière grand-père, tante, cousine…). C’est en tentant de débloquer un dysfonctionnement dans mon corps physique que j’ai dû m’atteler plus précisément à ce thème, en acceptant d’aller creuser dans cette douleur profonde qui me renvoyait personnellement à l’abandon, au rejet, à la trahison. Comme souvent, derrière la souffrance, quelque chose était caché… j’y ai trouvé un sentiment d’acceptation profonde (difficile à retranscrire en mots), comme s’il n’y avait finalement rien à comprendre ni rien à pardonner. J’ai aussi eu l’impression de renouer intimement avec « mes morts », comme s’ils étaient heureux que l’on porte une attention particulière, un autre regard sur leur trajectoire terrestre souvent jugée incompréhensible, parfois même honteuse.
    La question que je me pose aujourd’hui, c’est de savoir si ce cheminement n’est que personnel (ce qui me semblerait déjà très bien !) ou s’il peut servir à mes propres enfants : est-ce une façon de faire « place nette » pour eux, ou est-ce qu’ils réagiront à cette empreinte de toutes façons, selon ce qui résonne en chacun d’eux ?

    Répondre
    • Samuel

      En changeant à l’intérieur, on change le monde autour de nous. Si nos enfants ont à apprendre de leurs propres blessures, ils auront les épreuves de vie nécessaires à leur évolution de conscience. Mais nous pouvons assurément adoucir la charge karmique associée. Nous ne nous incarnons pas dans une famille donnée au hasard, mais bien pour être confronté à ce que nous devons travailler. Le défi ne disparaîtra pas de leur chemin de vie mais nous pouvons concourir à le rendre moins rude en dénouant les nœuds karmiques générationnels.

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  6. Florebo quocumque ferar

    Mon père est mort depuis 27 ans, il s’est ôté la vie, j’ai actuellement 37 ans et cela ne fait pas si longtemps que je l’ai laissé partir. Pour moi, je ne voyais que ma douleur, à aucun moment j’ai laissé la place à la sienne. Quand j’ai voulu comprendre pourquoi il avait fait ce choix, ma mère m’a dit que pour lui c’était un geste d’amour envers nous car il entendait des voix et ces voix lui disaient de nous faire du mal et maman m’a dit qu’il préférait mourir que de faire du mal à sa famille. J’étais longtemps dans le jugement car je recentrais cette souffrance vers moi, certes mais c’est pas moi qui a dû faire ce choix. À présent, je réapprends à connaître mon père, chose que j’avais cessé de faire tout le temps que j’étais concentré sur ma douleur. Aimablement Marie

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    • Samuel

      À chaque fois que tu m’en parles, tu vas toujours plus loin et cela ne cesse de me toucher davantage…

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  7. Carole

    Texte limpide et d’une grande justesse surtout pour celui ou celle qui n’avait pas toutes ces clés car il sonne « juste » et apporte la Paix… Merci, c’est précieux.

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    • Samuel

      Il y a encore tant à redécouvrir sur l’après-vie. Cet article n’est qu’une amorce, je vais laisser venir à moi une plus large compréhension, les champs d’exploration sont infinis…

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  8. Jocelyne

    Je suis vraiment désolé pour l’amie de votre sœur… paix à son âme, j’espère qu’elle trouvera son chemin…

    Il y a un peu plus de 4 ans déjà, j’ai perdu le père de mes enfants par suicide… en vous lisant, j’ai revécu toutes les étapes difficiles du deuil… grâce à la spiritualité, j’ai réussi à comprendre son geste, à l’accepter et lui pardonner, et pour mes filles aussi; heureusement, maintenant je sais qu’il est bien, dans la lumière en bonne compagnie, comme il le souhaitait en faisant cet acte. Merci d’avoir partagé vos sentiments, je me sens moins seule…
    Merci pour tout. J’aime beaucoup vous lire.
    Jocelyne

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    • Samuel

      Merci Jocelyne de ton témoignage 🙂 J’ai perdu un autre ami il y a deux ans qui s’est lui aussi suicidé. L’un de mes meilleurs amis a été aussi endeuillé ainsi deux fois. C’est un thème récurrent pour moi et cela me tenait vraiment à cœur de faire cet article. Ma façon de rendre un dernier hommage à Émilie…

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