Je prends conscience de ne pas avoir pris l’avertissement au sérieux dans mon processus de travail sur soi. Tout ce qui ne serait pas suffisamment travaillé et accepté ressurgirait tôt ou tard. Mes thèmes non travaillés se révèlent nombreux, emmêlés les uns dans les autres telle une pelote de laine. Des gargouillis, des crampes abdominales, des tensions dans le dos sont autant d’expressions de la présence de cette pelote. Cette pelote date de cette vie mais aussi de mes vies passées qui se rappellent de plus en plus à ma mémoire.

Lors de ma prise de conscience mi-2013 de la nécessité de faire un travail d’introspection, je m’étais astreint, soir après soir, à la routine d’aborder dans un cahier personnel un, deux ou trois problèmes. J’avais essayé de balayer tous les thèmes qui me venaient à l’esprit. Je les écrivais dans mon carnet, pour revivre les scènes afférentes, pour observer les situations passées et présentes, pour me remémorer mes émotions et les sentiments qui m’habitaient alors. J’ai essayé d’appliquer le processus de pardon, envers moi-même et envers les autres protagonistes, pour finir en offrant ces émotions et ces expériences de vie au divin.

Je me rends compte ne pas avoir été honnête avec moi-même jusqu’au bout. On appelle aussi Hydre de Lerne le monstre tapis au fond de soi-même. Ce monstre est l’incarnation de tout ce que l’on a enfoui pour le cacher, pour l’oublier, pour le nier. En maîtrisant par le mental mes attitudes et mes comportements dans la vie courante, je me voyais plutôt intègre, équilibré et serein. Le monstre horrible aux multiples têtes était endormi et je niais chacun de ses sursauts. En entreprenant ce travail introspectif soir après soir, je pensais que couper les têtes de mon Hydre de Lerne suffisait. Mais j’ai laissé la plaie à vif. Trop pressé d’en finir, je m’adressais à la tête suivante qui cherchait à me dévorer de l’intérieur. Ce n’était qu’une question de temps avant que cette tête ne repousse et surgisse à des moments inattendus.

L’Hydre de Lerne hiberne en temps normal, mais quand des situations extrêmes se révèlent, le monstre se réveille.

Certaines têtes de mon Hydre personnel en cachaient d’autres. Je me décourageais par l’ampleur de la tâche. Soit je n’ai pas eu le courage d’en affronter certaines, soit je ne leur ai pas accordé d’importance. Ce n’est pas parce qu’une tête est endormie depuis des années qu’elle est rendue inoffensive.

L’un de mes compagnons cristallins m’avait communiqué un soir que j’intégrais de nouveaux codes de lumière. Je ne comprenais pas vraiment comment cela se traduisait, seulement qu’ils ont besoin de place en nous. Donc pour libérer de la place, il faut s’alléger. Début février, j’avais reçu un premier avertissement d’un autre guide de cristal. Il m’avait amené à revivre une expérience en particulier. Je classe cette expérience dans « je néglige l’importance ». Il m’avait pointé la honte que j’avais accumulée.

Je m’étais arrêté à ce thème pour ce qu’il était. Je n’avais pas compris l’appel à me voir de plus en plus en profondeur, à affronter les têtes dont j’avais le plus peur, celles que je classe dans la deuxième catégorie les « pas le courage d’affronter ». Outre ces têtes qui se réveillaient, certaines de celles que j’avais tranchées repoussaient en multiple, me débordant dans des situations de fatigue, de stress.

Je comprends aujourd’hui que pour pratiquer l’acceptation de ses défauts, de ses thèmes difficiles, d’avoir vécu telle ou telle épreuve, il faut le faire dans le Cœur. Je l’ai fait dans le désir du mental pour me soulager et m’en débarrasser.

Seule la joie du Cœur cautérise les plaies des têtes tranchées de l’Hydre de Lerne et empêche qu’elles ne repoussent.

L’acceptation dans le Cœur n’a pas été faite sur certains de mes thèmes. Je le voyais déjà quand mes rêves me faisaient revivre des situations qui me mettent en colère. Dans la vie quotidienne, j’arrive à le contrôler, mais pas dans mes rêves. Par conséquent, le thème est encore à travailler. Car lors d’une situation extrême dans la vie courante, je ne peux toujours contrôler ma colère, cette tête de l’Hydre de Lerne qui repousse. Elle me ronge, me tord les boyaux et me submerge à la moindre faiblesse de mon mental.

Dans une pelote, il y a l’intérieur que l’on découvre seulement après avoir déroulé les premiers fils. Je m’aperçois que les couches internes de la pelote étaient davantage compressées. Ces têtes de mon Hydre de Lerne, par leur nature compressée, renferment un plus haut niveau d’énergie. Ayant dégagé les premières couches de ma pelote, une décompression explosive a eu lieu à la mi-février. Tout ce que j’avais enfoui au plus profond de ma pelote, tout ce qui m’étouffait, tout ce que j’avais peur de revoir, m’a sauté au visage. Les personnes qui ont fait miroir en ont subi les dommages collatéraux. En écrivant ces lignes, je fais le rapprochement avec deux situations passées. Je pensais avoir accepté la première qui me renvoyait un vécu avec mes parents durant mon enfance. Pour la deuxième, je n’avais pas eu le courage de travailler une relation amoureuse houleuse et pénible. Révolue depuis plus de 10 ans, je l’avais occulté dans le travail sur moi.

L’hiver au Québec est particulièrement froid et sec depuis plusieurs mois. L’extérieur est comme vidé de toute énergie. Il n’est pas possible de tirer de l’énergie de son environnement. En tirer des autres ? Ils en ont tout autant besoin que moi. J’ai encore ce réflexe d’essayer de le faire, je le reconnais. Une amie me rappelle de renforcer mon degré d’amour de soi, donc de tirer de moi-même l’énergie nécessaire. En puisant au fond de soi une nouvelle force intérieure, je pourrais utiliser la voie du Cœur pour empêcher les têtes de mon Hydre personnel de repousser et me procurer le courage de faire face à toutes les têtes enfouies au creux de ma pelote.

Je suis conscient que j’ai pu blesser des personnes au cours de ce processus, particulièrement en ce mois de février. Je me pardonne et je leur demande de me pardonner. Si on accepte l’axiome que tout est parfait, les personnes qui ont vécu ma décompression ont sûrement des enseignements à tirer puisque nous nous sommes reflétés. Y a-t-il du bon à faire ressortir ces parts d’ombre et ce qu’il y a de pire chez quelqu’un ? Je réponds oui si cela se fait en conscience et je réponds oui si on l’équilibre en faisant ressortir aussi ce qu’il y a de meilleur.

Cet article a une saveur très personnelle et s’inscrit dans un exercice qui m’est propre. Je dois encore accueillir, observer et offrir au divin. J’ai compris encore un peu plus les enjeux et la nature du processus du travail sur soi.

Crédit illustration : Velinov

Par Samuel sous www.leretourdesdragons.com

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3 Réponses

  1. Gwen Doline

    Merci infiniment cher… petit Monstre!!! 😀
    Tous tes articles résonnent merveilleusement, et éclairent tellement joliment, ils vont droit au Cœur, en toute simplicité!
    Belle année 2016 pleine de découvertes et enrichissements, à toi et tous ceux qui voudront…
    Gwen *

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  2. Marie-France

    tu es merveilleux Samuel
    tu travailles d’arrache-pied,avec honnêteté,
    et il n’y a pas d’autres chemins ,qu’affronter notre Hydre de Lern,
    ON lâche pas,on est tous dans le même bateau,
    c’est la seule voie pour retourner à notre divinité.

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